#26 Diaspora chinoise, créolité et réalisme magique : une rencontre avec Pierre-Mong LIM, traducteur de trois romans venus du monde sinophone, “Pékin 2050”, “Pluie” et “La Traversée des sangliers” aux Éditions Picquier
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Dans cet épisode, je donne la parole à un traducteur, et pas à un auteur. Mais, finalement, est-ce si différent ?
Voici des éléments de réponse avec Pierre-Mong LIM, traducteur littéraire du chinois (mandarin) vers le français. Il est également docteur en études chinoises transculturelles et chercheur indépendant, et travaille sur les problématiques liées aux expressions culturelles du monde sinophone. Et oui, il y a une sinophonie comme il y a une francophonie : des auteurs de langue chinoise avec des nuances, des variations, des inventions propres à une communauté, à un territoire, à une vie singulière loin du "centre", de la métropole, de la langue "officielle".
Grâce à Pierre-Mong LIM, nous pouvons découvrir des auteurs issus de la communauté chinoise de Malaisie qui vivent aujourd’hui à Taïwan. Écoutons-le pour comprendre cette aventure passionnante à la croisée de l’histoire, de la géopolitique et de la littérature.

LIVRES TRADUITS AUX ÉDITIONS PICQUIER

Pékin 2050, LI Hongwei, avril 2021
Pluie, NG Kim Chew, octobre 2021, lauréat du Prix Émile Guimet de littérature asiatique 2021
La Traversée des sangliers, ZHANG Guixing, janvier 2022

EXTRAITS

“La traduction, c'est d'abord la lecture la plus rigoureuse de chaque mot, chaque phrase, et puis après c'est faire sens de chaque mot, chaque phrase dans la totalité.”

“En lisant NG Kim Chew et ZHANG Guixing, ou d'autres auteurs, je me suis demandé : comment je vais traduire ça, pas seulement la langue, mais aussi toute cette nouveauté, cette inventivité, cette fraîcheur de langage ? Qu'est-ce qu'il y a comme équivalent français ? Je l'ai dit ailleurs, mais je me suis intéressé alors à la littérature qu'on appelle la "créolité" en français, à des auteurs comme Raphaël Confiant, Patrick Chamoiseau, etc. Chez ces auteurs-là de la créolité, il y a un renouvellement du français, une vie de la langue qui me parle ; mais aussi historiquement, il y a une espèce d'appartenance à un même moment de l'histoire.”

“C'était juste une intuition de ma part, mais je sentais qu'il y avait une espèce de proximité avec cette littérature de la créolité, et l'idée de métissage, de brassage des langues et des gens. Dans la traduction, il fallait pouvoir retrouver ce brassage-là, le faire apparaître.”

“Si pendant trois ou quatre jours on ne traduit pas, il manque quelque chose quand même. On se sent un peu mal. C'est quasiment une habitude de vie.”

“Il me semble que leur réalisme magique, c'est la réinvention de cette terre, de cette terre natale, mais qui est complètement fictive, littéraire : en même temps, de pouvoir parler de la plantation d'hévéas, donc quelque chose de très réaliste, puis d'intégrer les croyances dans le génie du sol, dans les êtres fantastiques... Ce sentiment de terre réelle où ils ont vécu et où le réalisme leur permet de créer une fiction. On ne peut pas parler d'utopie, mais d'un "autre lieu".”

CITATIONS

Case à Chine de Raphaël Confiant
La Pérégrination vers l'Ouest (autres titres connus :  Le Voyage en Occident ; Le Singe pèlerinLe Roi-Singe) de Wu Cheng'en
Cent ans de solitude de Gabriel García Márquez

C'est le vingt-sixième épisode du podcast littéraire LE JARDIN.
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Rendez-vous pour le prochain épisode !

À LA TECHNIQUE

Conception et interview : François-Xavier ROBERT
Musique d’intro : "Mélodie hongroise" de Franz SCHUB

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