#21 La littérature pour comprendre autrement le monde : une rencontre avec l'écrivain québécois Kevin LAMBERT
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Critique sociale, fiction syndicale, réflexion sur le capitalisme, conflits au travail, dénonciation de l’homophobie…mais aussi violence, érotisme, pornographie, sexe queer : rien ne fait peur à Kevin LAMBERT ; et surtout pas ni les mots, ni la littérature, espaces de jeu, de création et d’expérimentation.
Dans ses trois premiers romans, cet auteur québécois nous livre sa vision du monde, toujours passionnante, politique et engagée, avec un grand brio et une plume inventive. Ses livres ont été très bien accueillis aussi bien par le public que par la critique.
J’ai pu rencontrer Kevin LAMBERT à l’occasion du Festival America 2022 à Vincennes, où il donnait plusieurs conférences dont une sur la thématique “écrire le sexe”.
Rencontre avec un auteur toujours en mouvements et en questionnements, Kevin LAMBERT.

EXTRAITS

“ L’écriture, cela a été une manière d’ouvrir un processus de compréhension.”

“Nos textes, ce n’est pas notre peau. On peut les triturer sans que ce soit douloureux. Et c’est peut-être bon pour le texte parfois, de le changer, de le travailler, de le modifier !”

“L’expérience des personnes queer, gay, lesbiennes, trans…c’est que tu vis une partie de ta vie dans le secret, une partie plus ou moins longue. Et tu es souvent confronté à réfléchir et à te mettre à la place de l’autre."

“J’ai développé une sorte de sens d’autosurveillance : je me regardais moi-même, ma manière de bouger, ma manière de parler, ma manière de penser, pour ne pas me trahir.”

“Quand tu vis de l’homophobie, quand tu n’as pas le droit d’être qui tu es, cela devient de la colère, cela devient de l'incompréhension pour les structures qui t’empêchent de vivre.”

“En littérature, j’essaie de me questionner sur la possibilité qu'ont les humains de demander un changement, de l’exiger, de le faire en s’unissant, en formant une sorte de communauté. "

“La langue, c’est l’outil de l’écriture. Je ne vois pas pourquoi je devrais hiérarchiser les instruments qui sont dans cette boîte à outils.”

“Quand j’écrivais “Querelle de Roberval” en particulier, j’avais toujours “Querelle de Brest” à côté de moi et je l’utilisais comme un tarot : j’ouvrais le livre comme s’il allait me donner une réponse et souvent il m’en donnait.”

“L’écriture, c’est un travail du “rater mieux”. Le travail, c’est une sorte de deuil de l’idéal. L’écriture, c’est une sorte de ratage. Il faut vivre avec ce ratage et apprendre à “rater mieux”.”

CITATIONS

“Mon imagination est plongée dans l’abjection, mais, sur ce point-là, elle est noble, elle est pure. Je me refuse à l’imposture ; et s'il m’arrive d’exagérer en poussant héros et aventures vers l’horrible ou vers l’obscène, c’est dans le sens de la vérité.”
Jean Genet, cité par Catherine Millot dans “Gide Genet Mishima”

“Jamais rien d’autre. D’essayé. De raté. N’importe. Essayer encore. Rater encore. Rater mieux.”
Samuel Beckett, “Cap au pire”

LIVRES DE L’AUTEUR

2017 : Tu aimeras ce que tu as tué, Éditions Héliotrope / 2021 en France, Éditions Le nouvel Attila
2018 : Querelle de Roberval, Éditions Héliotrope / 2019 en France, Éditions Le nouvel Attila - Prix Sade 2019 / 2021 édité en poche chez Points 
2022 : Que notre joie demeure, Éditions Héliotrope 

C'est le vingt-et-unième épisode du podcast littéraire LE JARDIN.
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Rendez-vous pour le prochain épisode !

À LA TECHNIQUE
Conception et interview : François-Xavier ROBERT
Musique d’intro :  morceau “Roboto” mixé par Julien Haurant
Extrait d’intro : Plastic flowers par Electronic-Senses, pixabay.com
Court extrait musical : Querelle (Original 1987) par le groupe portugais Pop Dell’Arte

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