Le débat africain
Le débat africain
Nov 26, 2020
Le débat africain - Cameroun anglophone: face à la multiplication des tueries, quelle issue?
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Le 24 octobre 2020, sept enfants de 9 à 12 ans sont froidement et sauvagement assassinés dans leur salle de classe par des bandes armées. Quelques jours plus tard, le 4 novembre, un autre groupe d’hommes armés oblige des enseignants et des enfants à se déshabiller entièrement avant de prendre des photos et des vidéos qui sont par la suite largement diffusés sur les réseaux sociaux. Des professeurs décapités, la tête exposée dans la ville de Bamenda, des femmes violées... C’est le climat apocalyptique qui règne dans la partie anglophone du Cameroun.

Comment mettre un terme à cette escalade de violences, à ce conflit barbare qui a déjà fait plus de 3 000 victimes, et suscité plus de 500 000 déplacés ? Plus d’un an après, le grand dialogue national qui était censé apporter des réponses à cette crise, quel est le bilan ?

Avec nos invités :

- Grégoire Owona, ministre du Travail et de la Sécurité Sociale depuis décembre 2011. Secrétaire Général Adjoint du comité central du RDPC.

- Elie Smith, journaliste et secrétaire général de la Anglophone General Conference (initiative interreligieuse rassemblant des leaders anglophones presbytériens, musulmans (avec imams de Buea et de Bamenda), et catholiques (cardinal Tumi), dirigée par Tumi et qui se propose de donner la parole à différentes sensibilités anglophones et de regrouper les principales revendications afin de contribuer au dialogue national.

- Boh Herbert, porte-parole du mouvement pour la restauration de l’indépendance du Southern Cameroons (MORISC), ancien journaliste exilé aux États-Unis.

- Simon Munzu, ancien sous-secrétaire général des Nations unies et représentant spécial adjoint du secrétaire général en Côte d’Ivoire. Il est l’un des promoteurs de la Anglophone General Conference. Acteur de la société civile, il défend depuis une trentaine d’années le retour au fédéralisme.
Invité Afrique
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RFI
Invité Afrique - Lumumba: «C'est la volonté de la famille qui compte avant tout» selon le procureur fédéral belge
En RDC, il y a 60 ans aujourd’hui, Patrice Lumumba était assassiné dans le sud du pays, non loin d’Elisabethville, aujourd’hui Lubumbashi. Les autorités katangaises, congolaises mais aussi la Belgique et les États-Unis, ont joué à des degrés divers un rôle dans cette exécution. En 2011, une enquête est ouverte par la justice belge pour crime de guerre. Dix personnes sont mises en cause par la famille Lumumba. Aujourd’hui, deux de ces personnes sont encore en vie. Frédéric Van Leeuw, le procureur fédéral belge, répond aux questions de Pierre Firtion. RFI: Où en est l’enquête ouverte par la justice belge sur l’assassinat, en 1961, de Patrice Lumumba, une des principales figures de l'indépendance du Congo belge ? Frédéric Van Leeuw : Cette enquête est toujours ouverte. C’est une enquête évidemment très particulière puisqu’il s’agit d’enquêter sur des faits qui ont été commis, en dehors du territoire belge, donc au Katanga, à l’époque, qui est l’actuelle province du Shaba. Ce sont aussi des faits qui ont été commis il y a très longtemps. Les témoins ontévidemment, la plupart du temps, disparu ou sont décédés. Il s’agit donc essentiellement d’examiner des documents, d’attendre que les archives soient accessibles au public, comme les archives de la CIA par exemple et que l’on puisse, à ce moment-là, éplucher les archives pour voir ce que l’on peut éventuellement établir comme responsabilité dans le cadre de cette enquête. Au moment où cette enquête a été ouverte, une dizaine de personnes étaient mises en cause. Est-ce que depuis, ces personnes ont été auditionnées par la justice belge ? Ces personnes sont mises en cause par la partie civile et donc l’enquête a été mise à l’instruction. C’est, par conséquent, un juge d’instruction qui instruit à charge et à décharge. Sur le contenu de l’enquête évidemment, je ne vais pas m’exprimer mais je pense que ce qui est aussi très important, c’est que, directement, les autorités belges, l’autorité judiciaire et le parquet fédéral ont posé la question de savoir si on pouvait encore enquêter sur ces faits. Si c’est un « simple meurtre ou assassinat », les faits sont prescrits depuis longtemps. Par contre, et ce qui est, je pense, la grande avancée dans ce dossier qui est quand même beaucoup plus que symbolique, c’est le fait que la Cour d’appel de Bruxelles, après des débats, ait reconnu qu’il s’agissait en fait de crimes de guerre qui étaient imprescriptibles. Symboliquement, c’est déjà très important d’avoir reconnu que l’assassinat de Patrice Lumumba et de ses deux collègues était un crime de guerre et que donc on pouvait encore toujours enquêter là-dessus. Sinon, on aurait dû clôturer le dossier dès le moment même où la plainte était posée. Mais néanmoins, on voit bien que des années après, cette enquête ne donne pas l’impression de progresser énormément. Il n’y a plus que deux personnes en vie sur les personnes qui étaient mises en cause au départ par la famille. Certains soupçonnent la justice belge et les autorités belges d’attendre que ces deux personnes-là décèdent pour clôturer le dossier. Qu’est-ce que vous leur répondez ? Je leur réponds que c’est une enquête qui avance, que c’est une enquête difficile. Comme je l’ai dit, ce sont des faits qui se sont passés il y a 60 ans, où il n’y a plus beaucoup de témoins non plus. C’est aussi une enquête qui dépend de l’accessibilité de toute une série d’archives dont par exemple les archives de la commission parlementaire avec des auditions qui ont été passées à huis clos et auxquelles le juge d’instruction a demandé l’accès ou encore des archives qui se trouvent à l’ONU auxquelles le juge d’instruction a également demandé l’accès. Il faut par donc trouver des éléments, avant d’engager la responsabilité d’une personne. C’est un dossier compliqué et c’est le gros problème aussi de beaucoup de dossiers que l’on appelle de droit international humanitaire pour lesquels, souvent, on ne peut mener l’enquête que des années après, lorsqu’il y a aussi une certaine évolution dans les mentalités et quand les documents sont accessibles. Ici, je parlais des archives de la CIA mais il y a d’autres archives aussi. Les archives de la CIA ne sont accessibles que depuis 2007 et c’est là-dedans que l’on a eu la confirmation qu’il y avait effectivement un projet aussi du directeur de la CIA, Allen Dulles, à l’époque, d’assassiner Patrice Lumumba parce qu’il s’était tourné vers l’URSS au moment où le Katanga avait voulu faire sécession avec l’appui de la Belgique. Peut-on imaginer que demain, des personnes comme Etienne Davignon [à l’époque membre de la direction Afrique du ministère belge des Affaires étrangères] ou Jacques Brassinne, [alors conseiller politique de Moise Tshombé], soient auditionnées par la justice belge ? C’est vous qui les citez. Néanmoins, si ce sont des personnes impliquées, ce sera à la juge de décider, à un certain moment, qui est auditionné. Il y a déjà eu des auditions dans ce dossier. C’est la juge qui a l’enquête en main et qui doit avancer. Concernant l’histoire de la dent [saisie dans la famille d’un policier belge ayant contribué à faire disparaître le corps], il va y avoir une restitution symbolique. Le président Félix Tshisekedi a annoncé que cette restitution aurait lieu sans doute au moment de la fête de l’indépendance, en juin 2021. Est-ce qu’une date a été arrêtée ? Comment cela va se passer concrètement ? Vous en discutez avec qui aujourd’hui ? Avec les autorités belges, avec la famille ou bien avec les deux ? La famille est partie au dossier. Moi, je suis un magistrat ou encore le procureur dans le dossier. La dent a été libérée par la juge d’instruction et c’est donc au procureur, à exécuter cette décision. La famille, évidemment, souhaite - et c’est d’abord avant tout à elle de décider - donner un caractère symbolique à cette restitution, en accord avec les autorités congolaises. Il y a là maintenant des discussions qui se passent au niveau des Affaires étrangères, étant entendu que c’est le souhait de la famille. Je suis donc effectivement en discussion aussi avec les Affaires étrangères pour savoir ce qui va être décidé entre les autorités congolaises et les autorités belges, par rapport à cette restitution. Mais c’est avant tout la volonté de la famille qui compte, pour nous, parce que ce sont les seules parties au dossier. L’Etat congolais, en effet, n’est pas partie au dossier de l’assassinat de monsieur Patrice Lumumba et c’est bien à la famille que la dent sera restituée. C’est à la famille que nous laissons décider, plus ou moins, quelles sont leurs demandes. Ils ont adressé les demandes. La plupart de ces demandes ne sont pas du ressort du procureur mais bien des Affaires étrangères et il y a donc des discussions qui se passent au niveau des Affaires étrangères.
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Débat du jour
Débat du jour
RFI
Débat du jour - Où en sont les printemps arabes ?
Il y a dix ans, jour pour jour, le dictateur tunisien Zine et Abidine Ben Ali prenait la fuite après plusieurs semaines de manifestations contre son régime dans tout le pays. C'est cette aspiration à davantage de liberté et de démocratie qui a lancé la vague de ce que l'on a appelé les printemps arabes. Ces mouvements de protestation ont essaimé dans plusieurs pays du Maghreb et du Moyen-Orient, parfois avec un succès comme en Tunisie, parfois plus éphémère comme en Égypte, et parfois avec des conséquences dramatiques comme en Syrie ou au Yémen. Mais des idées ont été lancées, des sociétés ont bougé rapidement ou plus lentement. Où en sont les printemps arabes ? C'est la question du jour. Pour en débattre : - Leyla Dakhli, historienne et chercheuse au CNRS, elle a dirigé l'ouvrage collectif  «L'esprit de la révolte : archives et actualité des révolutions arabes», aux éditions Seuil - Louis Simon Boileau, docteur associé en Science politique et Relations internationales au Ceri/Sciences Po et membre de l'Observatoire de l'Afrique du Nord et du Moyen-Orient à la Fondation Jean Jaurès, auteur d'une note «Work in progress " : 10 ans après, les printemps arabes ne sont pas finis» - Marc Lavergne, directeur de recherche au CNRS, spécialiste du Moyen-Orient et de la Corne de l'Afrique, rattaché à l'Université de Tours. Contributions de Marc Lavergne, dans des ouvrages sous sa direction :« 2009 - 2010 : en marche vers Tahrir », Chroniques égyptiennes 2009 - 2010, CEDEJ, Le Caire, 2012 ; « Le goût amer de la défaite, ou le début d'un long chemin ? » in "Egypte, l'an 2 de la révolution. L'émergence d'une nouvelle scène politique", L’Harmattan, Bibliothèque de l'IReMMO, 2012 ;  « La révolution de la dernière chance ». in "Egypte, l'an 2 de la révolution. Une société en quête d'avenir",  L'Harmattan, Bibliothèque de l’IReMMO, 2012  Articles de Marc Lavergne : - Egypte : les lendemains incertains de la révolution, Diplomatie n° 51, juillet-août 2011 ; - Monde arabe : de la quête de l’unité au destin partagé, Revue internationale et stratégique, n°83, automne 2011 ; -  Monde arabe : des révolutions en trompe l’œil. Vers un nouveau rendez-vous manqué avec l’Occident ?, Historiens et géographes, Les basculements du monde, dir. Laurent Carroué, n°416, oct-nov 2011.
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Éco d'ici éco d'ailleurs
Éco d'ici éco d'ailleurs
RFI
Éco d'ici éco d'ailleurs - Dix ans après la révolution, l’économie tunisienne au point mort
Aujourd'hui, Éco d’ici Éco d’ailleurs est à Tunis, dix ans après la chute du président Ben Ali chassé du pouvoir par une révolution populaire. À l'époque, les Tunisiens réclamaient la fin de l'absolutisme, ils voulaient mettre fin à un régime cleptocrate et corrompu qui pillait sans vergogne l'économie du pays, réduisant la population à l'oisiveté et à la pauvreté.   Dix ans après, dix ans après ce 14 janvier 2011 qui vit la fuite de Ben Ali et de sa famille, où en est l'économie tunisienne, les réformes espérées ont-elles été engagées, ont-elles porté leurs fruits ? Telles sont les questions que nous posons aux trois invités qui ont accepté notre invitation. - Mahmoud Ben Romdhane, économiste, ancien président d'Amnesty International. Ancien ministre du Transport, puis des Affaires sociales  - Mouna Ben Halima, hôtelière, vice-présidente de l'ATUGE, Association des Tunisiens des Grandes Écoles - Louai Chebbi, président de l'ONG Alert, une ONG de lutte contre l'économie de rente. Parmi les principaux secteurs de l'économie tunisienne, il y a le tourisme. Reportage d'Aabla Jounaïdi Les finances publiques tunisiennes sont en mauvais état. Cela contribue à la déshérence dans laquelle sont des services publics comme l’éducation et la santé. Reportage d'Aabla Jounaïdi Dans la situation actuelle, il y a des lueurs d'espoir. Par exemple, le lancement prochain du premier satellite tunisien. Ce lancement est prévu pour le 20 mars 2021, pour le 65ème anniversaire de l’indépendance. Le coût est d’un million de dollars financé par le groupe Telnet et porte sur l’Internet des objets. Ce lancement devrait ouvrir de nouvelles perspectives économiques pour le pays. Reportage de Michel Picard
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Revue de presse Afrique
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RFI
Revue de presse Afrique - À la Une : l’énigme Diary Sow
On est toujours sans nouvelle de l’étudiante sénégalaise Diary Sow, disparue depuis le 4 janvier dernier à Paris. « Diary, le mystère », lance EnQuête en Une. Comme le souligne ce quotidien dakarois, « les Sénégalais se posent de plus en plus de questions sur les raisons véritables de cette disparition mystérieuse ».  Car EnQuête a comme un doute. « Tout porte à croire que la représentation diplomatique (sénégalaise basée à Paris) cache la vérité au peuple, estime ce journal. Pourquoi ? Mystère et boule de gomme ». Car comme l’a assuré le consulat du Sénégal à Paris, « la police a confirmé que la vie (de Diary Sow) n’était pas en danger ».  De son côté, le quotidien Rewmi relativise aussi en publiant les chiffres des disparitions en France, où « entre 40.000 et 50.000 personnes disparaissent chaque année, un chiffre constant. Un quart de ces cas sont jugés « inquiétants » et font l’objet d’investigations, les disparus étant, la plupart du temps, retrouvés », souligne Rewmi. À l’inverse, la famille de Diary Sow, vivement inquiète, exclut la thèse de la disparition volontaire. C’est ce qu’a constaté sur place le quotidien français Libération, dans le quartier de Malicounda, non loin de Mbour, au Sénégal.  Depuis le 4 janvier, « Petite sœur », comme les confrères sénégalais ont baptisé Diary Sow, n’a plus donné signe de vie ni assisté aux cours du lycée Louis-le-Grand, à Paris, où elle étudie les sciences en classe préparatoire. À Malicounda, sa tante paternelle dit à ce quotidien son affection pour Diary, « là où elle est, elle n’aspire qu’à une chose : revenir chez elle, retrouver ses frères et sa mère », veut croire Safiétou Sow (c’est le nom de ladite tantie).  Qui affirme que la maman de Diary « n’a pas mangé une seule cuillérée de riz depuis l’annonce de sa disparition, pas une seule (…) C’est une torture », dit-elle, avant d’affirmer à Libé que la disparue « n’aurait jamais fugué. Et même si elle avait eu un amoureux, pourquoi mettre en péril ses études, le combat de sa vie ? Nous n’y croyons pas une seconde », déclare tante Safi à Libération.  Sevo forever en Ouganda ?  En Ouganda, c’est l’heure du dépouillement après les élections présidentielle et législatives d’hier. Pour la présidentielle, ce scrutin se résumait en fait à un duel entre le président sortant Yoweri Museveni et l’opposant Bobi Wine. C’était « le match dans le match », souligne le quotidien burkinabè Wakat Sera. Bobi Wine, « le chanteur, acteur, homme d’affaires et député, était encore au berceau (…) lorsque son adversaire prenait le pouvoir en 1986, suite au renversement (un an plus tôt) du président Milton Oboté. Un écart d’âge de 38 ans (ne faisant) qu’épicer cette élection qui prend des couleurs d’une lutte de générations », souligne Wakat Sera.  Mais en fait de lutte, ce quotidien ouagalais ne se fait guère d’illusion. « En français, « Wine », signifiant « vin », c’est certain qu’avec le temps, comme le doux nectar, le « président du ghetto » se bonifiera. Mais pour l’instant (…) les urnes ougandaises pourraient bien parler, une fois de plus, pour Yoweri Museveni », préditWakat Sera. Les élections hier en Ouganda ? Juste un « jamboree » électoral, formule L’Observateur Paalga. Car « une chose est sûre : sauf tremblement de terre, Museveni remportera cette présidentielle », augure à son tour cet autre quotidien ouagalais.  Unie, l’opposition ivoirienne veut un report des législatives  Autres élections, mais à venir celles-ci, les législatives en Côte d’Ivoire. Et ce désaccord au sujet de la date du scrutin. Même si, comme le clame « en manchette » le quotidien gouvernemental Fraternité Matin, « le chronogramme complet (est) connu », l’opposition n’est « pas d’accord avec la CEI sur le calendrier », rétorque celle du journal Le Nouveau Réveil, proche du PDCI du président Henri Konan Bédié.  Étant rappelé que ladite Commission électorale a retenu le 6 mars, comme date des législatives, en Une, le quotidien Aujourd’hui, proche de l’ex-président de la République Laurent Gbagbo précise que « l’opposition demande le report du scrutin au 30 mars ».
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Le Nouvel Esprit Public
Le Nouvel Esprit Public
Philippe Meyer
Le vaccin ici et ailleurs / Elle s’en va : l’Allemagne sans Merkel / n°176 (17 janvier 2021)
LE VACCIN ICI ET AILLEURS   Dans le monde, la stratégie de vaccination diffère entre campagne massive et prudence. Selon Our World In Data, au 12 janvier, plus de 15 millions de doses ont été administrées dans le monde. En tête, les États-Unis avec 5,31 millions de doses au 7 janvier. Viennent ensuite la Chine avec 4,5 millions, puis Israël avec 1,5 million. L’État hébreu détient le record du nombre de doses administrées pour 100 habitants, grâce à un réseau très dense de centres de vaccination. Une autre catégorie de pays, celle des émergents, n'a pas réellement démarré la vaccination. Avec environ 1 million de doses administrées depuis le 8 décembre d’après Our World in Data, le Royaume-Uni a vacciné au 12 janvier plus de personnes que le reste de l’Europe réuni. En priorité sont ciblés les plus de 70 ans, les soignants qui se trouvent en première ligne et les personnes vulnérables grâce à sept mégacentres de vaccination qui s'ajoutent aux 223 hôpitaux, et aux plus de 1.000 cabinets de médecins généralistes et à certaines pharmacies qui ont commencé à vacciner dès lundi. Avec presque 720.000 doses administrées, la péninsule italienne fait figure de leader, en valeur absolue, dans la course à la vaccination au sein de l’Union européenne. Rome a décidé de concentrer les efforts de cette première phase de vaccination sur le personnel sanitaire, même si de nombreux hôtes d’Ehpad ont déjà reçu aussi leur première piqûre. En Espagne, la campagne de vaccination a commencé, le 27 décembre. Au 12 janvier, on en était à 700.000 doses distribuées sur tout le territoire et 139.000 administrées. Les personnes éligibles sont les mêmes qu’en Grande Bretagne : personnels et résidents des structures d’accueil pour personnes âgées, soignants potentiellement confrontés au virus. L’Allemagne obtient des résultats plutôt positifs 0,82% de la population vaccinée dans plus de 400 centres de vaccination et des équipes mobiles vaccinant dans les maisons de retraite. Aux États-Unis, la première phase cible les soignants en contact avec le virus, les résidents des maisons de retraite et des établissements de soins de longue durée. Le Canada a lancé sa campagne de vaccination dès le 14 décembre. Sa stratégie vise d’abord les structures accueillant des personnes âgées, les plus de 70 ans, les soignants et les adultes des communautés indigènes. En France, la vaccination va être étendue aux soignants de plus de 50 ans, ce qui n'était initialement prévu que fin février. Quant aux plus de 75 ans, ils pourront accéder au vaccin dès le 18 janvier. Un processus de tirage au sort d'un comité citoyen de 35 personnes représentatives de la population française a été lancé. Il sera chargé de conseiller le gouvernement dans sa stratégie vaccinale. Au total 400 000 personnes ont reçu leur première dose à la fin de cette semaine. Après les personnes âgées, la vaccination sera proposée à tous les retraités de plus de 65 ans jusqu'au printemps, puis au reste de la population âgée de 16 ans et plus. L’'objectif étant de vacciner 15 millions de personnes d'ici à l'été. Toutefois, au 10 janvier, sur le million de doses de vaccin reçues par la France, seules 10 % ont été utilisées et 0,21 % de sa population a été vaccinée. *** ELLE S’EN VA : L’ALLEMAGNE SANS MERKEL   Alors qu’elle était contestée au sein de son parti, l’Union chrétienne-démocrate, la chancelière allemande a décidé il y a deux ans de renoncer à être de nouveau candidate à la présidence de la CDU et de ne pas se représenter en2021. Un règne de seize ans, s’achèvera le 26 septembre prochain, lors de l'élection de son successeur à la tête du pays. Un temps adoubée dauphine, Annegret Kramp-Karrenbauer, a démissionné le 10 février dernier, laissant derrière elle un poste vacant qui n'a toujours pas été pourvu pour cause de pandémie. Après avoir été incarnée pendant vingt ans par une protestante sans enfant, ayant grandi en Allemagne de l’Est, la CDU pourrrait élire à sa tête un père de famille catholique, originaire de Rhénanie-du-Nord-Westphalie, ce qui est le cas des trois candidats en lice, Armin Laschet, Friedrich Merz et Norbert Röttgen.. Les sondages donnent la droite vainqueur avec environ 36 % des voix, soit 10 points de plus qu’il y a un an. Sous la direction de la chancelière, après l’accident nucléaire de Fukushima en 2011, l’Allemagne est sortie du nucléaire, mais pas du charbon.En 2015, Angela Merkel a ouvert les frontières à près d'un million de migrants syriens et afghans en prononçant sa célèbre phrase : « Wir schaffen das, Nous réussirons ». Les faits lui ont donné en partie raison, notamment grâce à une forte mobilisation de la société civile, des municipalités et des églises : près de 400 000 de ces réfugiés ont trouvé un emploi dans une Allemagne en quête de main-d’œuvre. Cependant après de violents incidents et la montée d’un courant hostile, la chancelière est revenue à une politique plus restrictive de l’asile et certaines routes des Balkans ont été fermées.  Sur le front européen, Angela Merkel a également opéré un tournant. Au cours des six mois de sa présidence européenne qui s'est achevée le 31 décembre, elle a accepté la mutualisation d'une partie des dettes nationales nées de la pandémie de coronavirus via la création d'un fonds de relance de 750 milliards d'euros, adopté le cadre financier pluriannuel 2021-2027 de 1 090 milliards d'euros, revu à la hausse les objectifs climatiques, permit d’assujettir le versement des subventions européennes au respect de l'Etat de droit, en dépit de l’opposition de la Pologne et de la Hongrie, accompagné la conclusion du Brexit et signé un accord d'investissement entre l’Union européenne et la Chine. Toutefois, dans un pays qui avait fait sa devise du zéro dettes, 63% des Allemands se déclarent inquiets de savoir qui va payer lescentaines de milliards d'euros du plan de relance.  Dernier combat d’Angela Merkel pour 2021 : protéger son peuple du virus. En octobre, alors que la deuxième vague de la Covid 19 déferlait sur le pays et provoquait la mise en place d’un confinement partiel, 85 % des Allemands pensaient qu'elle gérait bien la crise sanitaire.
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Géopolitique, le débat
Géopolitique, le débat
RFI
Géopolitique, le débat - Politique étrangère de la France: y a-t-il une marque Macron?
Dans deux jours, Joe Biden prendra les rênes des USA et pour Paris, une nouvelle relation sera à construire avec Washington. Joe Biden aura, a ses côtés, un secrétaire d’État, Antony Blinken, familier de la France pour avoir passé quelques années de lycée à Paris. Trop tôt, bien sûr, pour évaluer si cela sera un atout pour Emmanuel Macron… mais d'autres faisceaux sont convergents… comme la présence de John Kerry également aux côtés de Biden pour s’occuper du climat. John Kerry lui aussi familier de la France. Reste à savoir maintenant si l’administration démocrate saura ne pas tenir rigueur à Emmanuel Macron d’avoir fait une place de choix au prédécesseur de Joe Biden en en faisant l’invité d’honneur d’une édition des cérémonies du 14 juillet à Paris. Une opération de séduction pour tenter de faire bouger Donald Trump sur des dossiers aussi difficiles que l’Iran, l’Accord climatique ou les Gafa. Tentative restée sans succès. Et une volonté peut-être aussi de souligner un certain alignement de la France avec les USA… On se souvient de la prise de position de Paris prise dans la foulée de celle de Washington en soutien à Juan Guaido au Venezuela. Pour ne citer que ces deux exemples. La prise de fonction de Joe Biden, le 20 janvier 2021, nous fournit l’occasion de nous pencher sur la diplomatie d’Emmanuel Macron. Que sait-on de la façon dont le président français approchera le nouveau président américain ? Emmanuel Macron a-t-il une doctrine, un principe qui guide sa politique étrangère ? A-t-il cherché à être différent de ses prédécesseurs ? A-t-il réussi ? Qu’est-ce qui fait la particularité de la diplomatie macronienne ?  - Bertrand Badie, professeur de Relations internationales à Sciences Po. « Inter-socialités. Le monde n'est plus géopolitique », aux éditions du CNRS.  - Marc Endeweld, journaliste à La Tribune et collaborateur du Monde diplomatique. « Emmanuel Macron, le grand manipulateur ? », éditions Points.
50 min
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