Éco d'ici éco d'ailleurs - La Côte d’Ivoire, championne du monde du cacao: à quoi bon?
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La Côte d’Ivoire est, depuis plusieurs décennies, le premier producteur mondial de fèves de cacao. Elle fournit à elle seule 40% des besoins en cacao des industries du secteur alimentaire. Mais cette production semble de plus en plus se faire aux dépens de la population paysanne et de la situation environnementale du pays. Au début de ce mois de mai 2021, la Fondation Mondiale du Cacao, une fondation regroupant les grandes entreprises multinationales du cacao ont publié un communiqué. Elles se félicitent des progrès enregistrés dans la lutte contre la déforestation provoquée par la culture du cacao en Côte d'Ivoire et au Ghana. Ces deux pays ne sont pas choisis au hasard. La Côte d'Ivoire et le Ghana sont les deux principaux producteurs de cacao au monde. Quand un consommateur, n'importe où sur la planète, déguste un morceau de chocolat ou un produit chocolaté, il y a fort à parier qu'il consomme un peu de poudre ou de beurre de cacao dont la fève d'origine vient d'un de ces deux pays ouest-africains. Mais alors, vous dites-vous, si la Côte d'Ivoire et le Ghana occupent une place si importante, ils doivent être les rois du cacao ; et les planteurs, les paysans vivre confortablement. Eh bien pas du tout ! La plupart d'entre eux vivent même sous le seuil de pauvreté défini par la Banque Mondiale. Des efforts sont pourtant faits par les entreprises et les gouvernements.  Beaucoup de monde s'agite pour améliorer les revenus des paysans. En particulier en Côte d'Ivoire. Mais apparemment, cela ne change rien. Pourquoi ? Ces efforts ne seraient-ils que de l'esbroufe ? Et si ça l'est sur ce plan-là, que penser des déclarations de victoire dans la lutte contre la déforestation que j'évoquais, il y a un instant ? Et si la production de cacao génère tant de maux, le jeu en vaut-il la chandelle ? Voilà quelques-unes des questions qui seront posées aux deux invités de cette émission.  - Michel Arrion, diplomate belge de carrière, est le directeur général de l'Organisation Internationale du Cacao dont le siège est à Abidjan.  - François Ruf est économiste au CIRAD, le Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement, un organisme français pour le compte duquel il a sillonné, depuis plusieurs décennies, les principaux terroirs de production de cacao, de l'Indonésie à la Côte d'Ivoire où il vit maintenant. En moins de 50 ans, la Côte d’Ivoire a perdu 90% de son couvert forestier et la forêt continue de brûler à petit feu. Des travailleurs pauvres, venus de l’étranger, pénètrent illégalement dans ces territoires, théoriquement classés et protégés, pour déboiser et planter du cacao. Dans l’est du pays, à 25 km d’Abengourou, les habitants assistent impuissants à la disparition de l'un des derniers joyaux du pays : la forêt classée de Bossématié. Un reportage de François Hume-Ferkatadji, dans la forêt de Bossématié. Il y a deux ans, en 2019, les gouvernements ivoiriens et ghanéens ont décidé de créer une nouvelle taxe. Pour aider les planteurs de cacao, les multinationales devaient s’acquitter d’une somme de 400 dollars la tonne. L’objectif, améliorer le niveau de vie des paysans. Mais ce tarif n’a pas été respecté. Cela a mis en difficulté des centaines de milliers de cultivateurs, qui s’attendaient à être payés 1 000 francs CFA le kilo. Yao Jonas, un planteur de 42 ans est installé dans un petit village au sud d’Abengourou. Il raconte les multiples difficultés que vivent actuellement les premiers acteurs de la filière cacao ivoirienne. Un reportage signé de François Hume-Ferkatadji.
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